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POUR MIEUX COMPRENDRE
LE BOZAL


POUR MIEUX COMPRENDRE
LE BOZAL

I.  Introduction

Le Bozal Péruvien, harnachement mal connu mais pourtant décrié!

Cette pièce de cuir tressée a été concue spécialement pour les chevaux péruviens et convient parfaitement à leur type de locomotion. Depuis des générations il est employé au Pérou et a déjà fait ses preuves. Pourtant il semblerait que cet „outil“ soit quelque peu diabolisé en Europe jusqu’à en dénoncé l’utilisation. De plus les propriètaires et amoureux du Paso ne sont pas encore assez nombreux et ne doivent surtout pas être laissés sans repère, c’est donc pour cela je me permets d’intervenir à ce sujet. Le bozal et son utilisation doivent être expliqués et remis dans leur contexte: la progression dans le travail monté du cheval Paso Péruvien.

II. La progression dans le travail monté du Cheval Paso Péruvien.

a)  Le Bozal

L’entraînement du cheval „de Paso“ suit une progrèssion très claire et très judicieuse.

Il s’agit au départ de préserver la bouche du cheval, région très innervée et sensible et de commencer le debourrage avec le bozal, pièce de cuir tressée avec une paire de rêne épaisses. Cet harnachement ne comporte aucune pièce métalique aussi bien sur la tête du cheval que dans sa bouche.

„C’est une grande erreur que de donner la première leçon en se servant du bridon. Les défenses qui apparaissent sont, dans ce cas, presque toujours motivées par la crainte que provoque chez le poulain le fer qu’on lui met dans la bouche. Rien n’est meilleur que le simple licol d’écurie avec des rênes fixées sur les cotés“. (N. Oliveira)

Le dresseur doit à ce moment basé son travail monté sur la recherche de la confiance du cheval, de son total contrôle et de son assouplissement, le tout dans le respect le l’allure si particulière du „Paso Llano“ et donc du mouvement en avant.

Confiance: car le cheval ne doit pas travailler contre – mais avec son cavialier. Encore que dans la  plupart des cas c’est au cavalier de travailler avec et pour son cheval!

Contrôle: que je préfère au terme „soumission“.

Assouplissement: pour aider le cheval à gérer son corps perturbé par la presence d’un poid humain sur son dos.

Mouvement en avant et respect de l’allure: i m p u l s i o n.

A noter que ces fondamentaux sont intimements liés et qu’ils s’améliorent par leur interaction.

Les courbes et les exercices dérivés repondent à meirveille à l’étude et à la stabilisation de tout cela et sont largement pratiqués au Pérou.


b)  Le travail à quatre rênes ou „Cuatro Riendas“

Dès que le cheval est confirmé dans son travail au bozal du début on le remplace par un bozal plus fin et l’on rajoute le mors péruvien.

Le cavalier doit alors travailler avec 4-rênes. Petit à petit les actions de mains se feront de plus en plus sur le mors jusqu’à ce qu’on puisse oter le bozal.

Le travail à „Cuatro Riendas“ demande une grande habilité de la part du dresseur, car suivant le exercises en ligne droite ou en courbe, la tenue des rênes diffèrent.


c)  Le travail au mors ou „Enfrenadura“

Une fois le bozal oté, on le remplace par le „bozalillo“ qui peut être aparenté à une fine muserolle et que permet une progression simple du travail au quatre rênes au mors. Le bozalillo pourra être également enlevé par la suite, mais pour certains chevaux il peut  s’averer indispensable pour du plus long terme.

Les rênes du mors évolueront elles aussi selon le dressage du cheval et devront s’affiner en même temps que s’affinera le travail du cheval et sa perméabilité aux aides de son cavalier.

La finalité du travail au mors est de conserver la pureté de l’allure, sa cadence, son équilibre, sa légerté et sa rondeur - le tout d’une main, c’est a dire, les deux rênes tenues dans la main gauche.  

III. Conclusion

Voici donc en quelques lignes la progression du dressage du Paso Péruvien telle qu’elle est encore pratiqué au Pérou. Et comme on peut le constater, le bozal y tient une place importante et son utilisation est même une caractéristique de la monte „Paso“. Il s’agit tout simplement de savoir l’utiliser et cela fera l’objet de prochains articles.

„Le mouvement du Passé au Présent, du présent au passé, du présent à l’avenir – ne peut se maintenir que par l’étude de la memoire et de l’héritage“. (Daniel Roche)

Laurence Bouteiller

Mai 2002


LE TRAVAIL AU BOZAL  

Voici donc en quelques lignes, la progression à suivre dans le travail au bozal. Cette progression reste somme toute très classique, le Paso Péruvien se distinguant des autres uniquement par son harnachement propre et son allure particulière, le Paso.
Les principes de bases étant toujours les même :

- Aller du plus simple au composé
- « demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup. ».
- « Calme, en avant et droit »
 -mariage Impulsion-Flexibilité

I.  Introduction

Le bozal péruvien, comme son nom l’indique est exclusivement péruvien. D’autres bozals existent en équitation américaine ou pour le cheval Paso Fino mais ils sont un peu différents de celui-ci. Ils ont en commun d’avoir été concus dans le but de préserver la bouche du jeune cheval et de s’inscrire dans une progression d’entraînement bien définie.

2. Précautions d’emploi

Le bozal péruvien fait souvent peur et on lui reproche d ‘être plus dur que le bozal fino. Nous pensons effectivement qu’il doit être utilisé avec précaution. Tout d’abord le positionner correctement sur la tête du cheval comme on ajuste un cavecon .Le serrer suffisament pour qu’il reste bien en place , mais quand on l’ote, on ne doit pas voir de « creux » sur le chanfrein. Il interdit, quand le cheval est monté, une traction permanente sur les rènes . 

Particulièrement avec le bozal, un manque de préparation, d’assouplissement, une main ou un comportement malhabiles peuvent entraîner deux types de défense :

· redressement et retournement de l’encolure, qui peut être suivi d’un
  balancement de la tête du cheval envoyant les deux rènes du même
  coté, le tout accompagné d’une fuite en avant.
· plus rare, le cheval qui baisse la tête, naseaux au sol et accélère.
  Dans ces deux cas, vous perdez le contrôle de votre cheval, et vous
  mettez tous les deux en danger.C’est aussi le signe que vous avez mis le
  cheval hors de lui, avec toutes les conséquences qu’elles supposent :
· le cheval vient d’apprendre comment se mettre hors contrôle.
· sa réaction prouve que vous n’avez plus sa confiance et qu’il est en état
  de stresse. Etat qui sera donc associé à l’exercice ou au comportement
  qui à déclancher ces défenses .
· sa locomotion est mauvaise, l’orientation de son dos est inapropriée pour
  supporter le poids de son cavalier. Les allures se détériorent.

L’utilisation du bozal dans le travail monté, nécessite donc de travailler sur des acquis correctes :travail en main, à la longe et travail de flexion latérale de l’encolure.


Il est à signaler qu’il n’est pas dans notre intention de disserter sur le travail en main, à la longe et sur la flexion latérale de l’encolure, il existe en effet de nombreux ouvrages portant sur ces sujets, mais de donner quelques explications et quelques conseils relatifs au travail au bozal et à sa préparation.

3. Les acquis

A. Travail en main et flexion latérale de l’encolure

Le travail en main est pratiqué avec un cavecon léger. Ainsi la transition entre le simple licol d‘écurie et le bozal est plus progressive pour le jeune cheval.

Dans son boxe, quand le cheval est bien au calme ,nous nous placons du coté ou la crinière tombe naturellement (coté généralement plus flexible). Nous nous appuyons gentiment, notre dos contre son corps en prenant appui sur la partie qui va du passage de sangle à la base du garrot.

A ce moment là nous posons notre main sur le bas de son chanfrein et nous essayons, avec le plus de légèreté possible, d’attier le bout du nez en direction de notre poitrine.

Pour éviter qu’il n’avance en se ployant, vous pouvez lui donner un point d’appui en vous appuyant un peu plus sur lui. 

Au bout de quelques lecons, à la moindre tension de longe sur le cavecon, il devra ètre capable, en toute confiance « d’enrouler » son encolure autour de nous. Dés qu’il a donné la flexion, céder sur longe, mais lui demander de rester dans cette position quelques secondes. Attention de ne pas tordre la tête du cheval qui doit rester perpendiculaire à son encolure.

Ne pas être étonné si l’exercice semble plus difficile du coté ou la crinière ne tombe pas naturellement et rester très progressif dans la demande. 

Vous devez par la suite être capable demander cette flexion des deux cotés au milieu d’une carrière, en restant simplement du coté de la flexion et sans rester collé à lui.

Enfin, cette exercice doit être correctement exécuté avec le bozal, à pied, les rènes par dessus l’encolure :

· la rène intérieure (du coté de la flexion), s’ouvre et attire le bout du nez
  vers le passage de sangle. Son action cesse quand le cheval donne et
  reste dans l’exercice.
· la rène extèrieure enveloppe le coté externe de l’encolure (par rapport à
  la flexion) et soutien le mouvement. C’est cette action qui permet ensuite
  de garder le cheval dans cette position une fois que la main intérieure à
  céder.

A ce stade seulement vous pouvez envisager de monter sur votre jeune cheval. A la moindre contraction, sensation de perte de contrôle ou de peur, pratiquez cette exercice qui deviendra rapidement un exercice refuge pour le cheval et vous permettra de le « recentrer « c’est donc un exercice d’assouplissement physique et mental.

Attention, le cheval doit automatiquement reprendre rapidement une position normale de la tête dés que vous repositionner vos main de part et d’autre du garrot.
 


B. Le travail à la longe 

Toujours pratiqué avec un cavecon, le travaille à la longe, est un excellent moyen d’habituer le jeune animal à accepter la selle et le poids de son cavalier mais c’est surtout un exercice qui nous permet de l’assouplir latéralement.
 
Dès lors que votre jeune poulain sera monté vous apercevrez bien vite de tous les bienfaits du travail sur le cercle :

· recherche et affermissement de le flexibilité latérale.
· retour au calme 
· travail de la cadence
· recherche de la concentration

Le cercle, tout comme la flexion latérale de l’encolure, deviendra lui aussi un mouvement indispensable dans le travail monté. Il est donc logique de préparer tout cela à la longe.

De plus le cercle est indisociable au travail du bozal. Pourquoi ? Un cheval qui accepte de se ployer (parce que il a été assoupli physiquement et parce que il est d’accord pour le faire) est un cheval sous contrôle, qui disposera ses vertèbres cervicales de telle manière qu’il lui sera impossible de « porter au vent » (voir précautions d’emploi) et qui orientera son dos dans une attitude propre à supporter le poids de son cavalier.

Voici maintenant quelques petits conseils :

· commencer toujours à la main facile, en général, c’est celle ou la crinère
  tombe naturellement. 
· chercher puis travailler le cercle de référence, c’est le cercle dont le
  diamètre convient le mieux à votre cheval, ou il paraît le plus à l ‘aise.
  Attention le diamètre de ce cercle varie suivant l’allure et le coté dit «
  facile » ou « difficile ».
· changer régulièrement de main pour travailler symétriquement.
· demander régulièrement au cours de la séance des flexion latérales de
  l’encolure
· profiter du travail à la longe pour rajouter le bozal au cavecon . Les rènes
  étant fixés à la selle et la « penca » partie des rènes se terminant en une
  seule et longue longe de cuir, tombera naturellementle long de l’épaule
  droite du cheval.
· ne jamais dépasser 30 mn de travail à la longe.

A la fin d’une séance ,le cheval doit avoir repris son souffle et avoir un regard calme et confiant. Si ce n’est pas le cas , remettez vous en cause et rectifiez le tir pour la prochaine fois.

4. Le travail monté

Tout d’abord il est bon de rappeler que le bozal s’utilise une rène dans chaque main. Les poignets basculent vers le cavalier,les auriculaires en direction de la tête du cheval, et les pouces vers le ventre du cavalier, permettant à la « penca »de passer sur la cuisse droite du cavalier jusqu’à tomber et rester derrière le mollet droit du cavalier. Celui-ci garde toujours le pouce et l’index fermés sur la rène et les autres doigts toujours libres de jouer pour varier le contact. Il ne faut, en effet , jamais rester en action permanente sur le bozal.

Quand aux allure, le trot, toléré à la longe, est rigoureusement interdit monté.Il en est de même pour l’amble .



A. La flexion latérale de l’encolure

Comme nous l’avons expliqué précédemment, elle doit être utilisé quand le cavalier sent une contraction, une peur ou une perte de contrôle qui malgré la voix ou les caresses semblent inévitables.
 
Au tout début du débourrage, avant de s’engager au pas, l’entraîneur doit demander cet exercice des deux cotés et ne pas hésiter, plusieurs fois en milieu de séance, à le répéter.



B. Le travail sur le cercle

Le travail de base pour tout jeune cheval reste le travail sur le cercle qui est un assouplissement global et dans le mouvement en avant : par une juste incurvation, la tige vertébrale du cheval s’adapte à la courbure du cercle.
 
On doit toujours commencer le cercle du coté dit « facile » et d’un grand diamètre si possible, le tout pour échauffer le cheval en douceur.

Comme dans le travail à la longe, rechercher et travailler dans le cercle de
référence puis l’agrandir et le rétrécir jusqu’à travailler dans une spirale parfaite. Travailler de facon symétriques, c’est à dire aux deux mains.

Le travaille sur la spirale est un excellent exercice pour mettre le cheval dans les aides de son cavalier. Il est également idéale pour travailler la qualité du pas , qui n’est pas pas toujours le point fort du Paso Péruvien et prépare l’épaule en dedans.

Le travaille de la spirale peut se faire également à la longe.



C. Le travail sur le huit

Comme le travaille sur le cercle, le travail sur le huit de chiffre développe la flexibilité latérale du cheval, avec un changement d’incurvation au point de tangence des deux cercles.
 
Le cheval doit effectuer le changement d’incurvation sans perte d’équilibre, c’est à dire : 
- sans accélérer
- sans ralentir 
- sans tomber sur son épaule intèrieure
- sans s’échapper par son épaule extèrieure 
  et sans changement d’attitude, c’est à dire 
- sans ouvrir son angle tête encolure
- sans remonter son encolure



D. Le travail de deux pistes

Tout le travail de deux pistes peut-être effectué en bozal,,bien que ses exercices ne soient pas utilisés dans le pays d’origine . Le déplacement latérale, par exemple, pratiqué au paso, permet au cheval qui tend vers l’amble d’affermir son « quatre temps ».


E. Les transitions

Il existe deux types de transitions :

- transition dans l’allure. Par exemple, transition du pas rassemblé au pas
  allongé.
- transition pour passer d’une allure à une autre. Par exemple, transition du
  pas au paso.

Puis ses transitions peuvent être montantes ou descendantes. Par exemple transition du pas au paso dans le premier cas ou transition du paso allongé au paso de travail , dans le second.
 
Ce type d’exercices permet l’assouplissement longitudinal du cheval.
L’alternance d’assouplissements latéraux (cercle, épaule en dedans,etc..) et d’assouplissement longitudinaux rend le cheval flexible et « juste ».



F. Le reculer

Le reculer est toujours débuté au bozal et doit d’abord être préparé en main. Commencer le reculer monté, une fois que le débourrage est complètement terminé et que vous sentez votre monture prète à jaillir en avant à la moindre sollicitation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nous présentons cet exercice en dernier.

Attention ne pas abuser de cet exercice sur un jeune cheval.

Encore une fois , pour étudier plus profondément tous les exercices cités, nous vous invitons à travailler avec des entraîneurs ou enseignants professionnels et de parfaire votre culture équestre en lisant le plus d’articles et de livres possible.

5. Les allures

Tous les exercices mentionnés ci dessus, la liste n’étant pas exhaustive, sont à étudier et à conffirmer au pas.

C’est une allure qui à l’avantage de ne pas user le cheval,qui lui permet d’apprendre , de répéter, et de se fortifier dans le calme.
Le temps que vous aurez peut-être l’impression de perdre au pas , vous le gagnerez dans le paso. Faite vôtre, cette plaisanterie : « Prenez votre temps, je suis pressé ! » 

Comme nous l’avons déjà signalé ,le trot et l’amble sont rigoureusement interdits montés, c’est l’allure du paso qui doit être travaillée.
Tous les exercices cités précédemment peuvent être effectués au paso.
Mais il est à souligner que la difficulté du travaille au paso réside dans les changements de direction et le travail sur les courbes.

Un cheval non assoupli, pas en équilibre et manquant de force, peut, pour se soulager et sortir de son « quatre temps » :

· chercher à accélerer le paso
· perdre l’activité de son paso
· tomber dans le trot
· tomber dans l’amble
· faire une foulée de galop
· avoir un postérieur qui engage moins que l’autre

Vous comprendrez maintenant pourquoi il est si important de régler d’abord les problème d’équilibre au pas et de fortifier le cheval dans cette allure.

L’entraînement d’un cheval, c’est d’abord le perfectionnement des choses simples. Il est en effet inconcevable dans se lancer sur une volte au paso quand on n’a pas résolu les problème au pas. Le paso est une allure qui ne pardonne pas le manque ou la perte d’équilibre.

6. La durée du travail au bozal

Maintenant il s’agit de savoir combien de temps doit on travailler son cheval au bozal avant de le passer en « quatre rènes ».

Il n’y pas de loi ,c’est à vous d’écouter votre cheval.

Nous pensons que sauf cas exceptionnel un travail au bozal correcte ne peut pas être inférieur à six mois et que l’on peut espérer le passer en « quatre rènes » entre six mois et un an..

A notre avis, le cheval est terminé au bozal, quand :

· il est bien assouplit latéralement, et ce des deux cotés.
· il est bien assoupli longitudinalement,c’est à dire qu’il fait des transitions
  avec facilité sans changement d’attitude et signes de contractions, et des
  reculers correctes.
· engagé sur un cercle et par l’activité de ses postérieurs, l’encolure se
   soutient et s’arrondit avec un légère flexion de la nuque.
· il garde la qualité de son paso dans les courbes et les transitions d’allure.

Le tout dans le calme et l’impulsion.

Tout exercice , doit être débuté au bozal, confirmé en « quatre rènes » et présenté au mors.

7. Le travail en extérieur

Dès que possible, emmenez votre jeune cheval en extèrieur pour lui faire découvrir de nouvelles situations. C’est bien sûre excellent pour son moral, son développement mental et surtout il va commencer son travail de musculation tout en s’amusant. Il est en effet impensable de confiner un cheval uniquement dans une carrière. Le travail en terrain naturel va développer son équilibre et va lui permettre de se prendre en charge à condition que son cavalier n’ai pas toujours les rènes ajustées.

Voici quelques conseils pour vos premières sorties:

· Si possible, sortir toujours avec un cheval expérimenté.
· dès la première sortie,se mettre devant le cheval confirmé et ne passer en
  second que si vous sentez que vous pourriez perdre le contrôle. A vous de
  choisir des promenades à difficultés progressives.
· utiliser une selle qui vous tienne bien et qui ne vous oblige donc pas à
  vous cramponner de tout votre corps, dans la peur d’un écart.
· autour de l’encolure,boucler une étriviere et la garder d’une main .Vous
  pourrez alors, sans crainte, laisser votre cheval complètement rènes
  longues, vous sentant en sécurité même si le cheval a un mouvement
  brusque et inopiné.
· au bout de quelques sorties, profiter d’un chemin droit et qui monte un
  peu pour le faire galoper. Nous vous déconseillons vivement de
  commencer le galop dans une carrière . Le Paso Péruvien a rarement
  une bonne qualité de galop. Il a donc besoin au début d’un peu de vitesse
  et le terrain en montée l’aidera à orienter son dos correctement.


Laurence Bouteiller, Janvier 2004




L'ÉLEVAGE DES CHEVAUX AMBLEURS

L'environnement joue un rôle fondamental

par Aloïs C. Tschümperlin (Pegasus Pferde magazin 1993)

Il n'existe que peu de résultats de recherche fiables sur la génétique des équidés ambleurs et, comme mentionné par Dr Karola Küttner lors d'une conférence, il n'est pas vraiment nécessaire, d'un point de vue commercial, d'effectuer des recherches sur l'aspect héréditaire de l'amble. Certains chiffres prouvent toutefois que l'héritage génétique de l'amble se manifeste pour ainsi dire toujours chez toutes les races de chevaux, ceci au mécontentement de l'éleveur ou du propriétaire.

Le facteur héréditaire de 0,5 qu'on retrouve dans la capacité d'ambler est très élevé (facteur 1 = 100%, facteur 0 = 0%), contrairement aux autres allures, pour lesquelles le facteur héréditaire est nettement inférieur. Ces résultats ont été obtenus par l'étude partiellement représentative faite sur environ 1'500 chevaux islandais (Arnasson, Université d'Upsala, en 1984: l'hérédité des allures et l'aptitude aux allures). Les résultats d'études comparables faites sur d'autres races d'ambleurs ne sont pas connus.

L'INFLUENCE DE L'ENVIRONNEMENT

D'après l'expérience faite par beaucoup d'éleveurs de chevaux d'allures, il s'avère que l'environnement joue un rôle fondamental, parallèlement à l'héritage génétique, dans le développement d'un ambleur. Est-ce que le poulain est élevé dans un troupeau o'u les chevaux ambleurs sont fortement représentés, ou au contraire au milieu de chevaux trotteurs? Le terrain sur lequel se déplace le troupeau se prête-t-il au jeu de l'amble, ou bien se trouve-t-il sur un versant de montagne qui permet difficilement le déplacement an avant à l'amble rompu?

Un poulain ambleur qui grandit dans un troupeau de trotteurs se met généralement à trotter par imitation.

Un autre facteur important est l'éducation que le jeune cheval reçoit. Il est important que le "tölt" léger et spontané du poulain soit régulièrement encouragé lors de courtes reprises de travail sur une piste droite, mais sous forme de jeu.

Il est évident que ce sera plus facile pour un ambleur naturel que pour un cheval ayant une plus ou moins bonne aptitude pour l'amble, et il faudra que l'éleveur prenne ces facteurs en considération.

Dans l'étape suivante de l'éducation, il sera important de se rappeler que la musculation du dos et du ventre est primordiale et qu'elle ne se développe que grâce à un entraînement et à une gymnastique appropriés. C'est ainsi que le cheval sera capable de se porter de lui-même en équilibre.

Dans l'élevage et la croissance des jeunes ambleurs, les facteurs d'environnement susmentionnés ont une grande importance et ils ne devraient pas être sous-estimés. Ce n'est pas en laissant un poulain végéter pendant trois ans dans le même pâturage, qu'on favorisera son développement, tant sur le plan mental que physique.

Le jeune cheval a besoin d'un travail périodique, dosé prudemment en fonction de ses capacités de travail, et augmenté progressivement.  

QUELQUES CARACTÉRISTIQUES

On peut penser que les lecteurs de cet article sont déjà familiarisés avec les allures de l'amble et avec la variante de l'amble rompu (ci-après le "tölt"). Le schéma du Dr Luis de Ascasubi (établi pour le Paso péruvien) montre néanmoins au lecteur peu initié, d'une manière simple, les différentes déquences de l'amble et du "tölt", ceci à l'intérieur des diverses possibilités des allures latérales.

Le "tölt" est une allure latérale à quatre temps; les deux membres du même côté avancent l'un paprès l'autre (postérieur avant antérieur), soit: postérieur droit, antérieur droit, postérieur gauche, antérieur gauche. Un rythme régulier à quatre temps est idéal. Les Péruviens appellent cette allure "Paso Llano", les Islandais nomment cette même allure "tölt". Une variante des deux est le "Sobreandando" (amble trotté). Cette allure est généralement plus rapide, et comme le montre le schéma plus haut, le "Sobreandando" se décale légèrement vers l'amble.

Pour d'autres races d'ambleurs, les mêmes séquences d'allures et leurs variantes ont d'autres désignations.

L'avantage essentiel du"tölt" fixé génétiquement est la souplesse, car ni le mouvement vertical du trot, ni le mouvement latéral de l'amble, ne sont transmis au cavalier à travers le dos du cheval. Cette allure permet au cavalier de se déplacer de la manière la plus confortable et la plus sûre, même dans des terrains accidentés ou glissants.  

L'ÉLEVAGE D'AMBLEURS PURS

La reproduction d'ambleurs avec des étalons et des juments de mêmes races, (par ex. les Islandais, les Pasos Péruviens, les Pasos Finos, etc), est la méthode la plus simple et la plus sûre pour obtenir des produits ayant une allure latérale génétiquement fixée. Cependant, le produit choisis soigneusement, et c'est là que commence le délicat travail de l'éleveur. Il devra examiner les points forts et les points faibles des reproducteurs: les lignées, le modèle, le caractère, l'aptitude qu "tölt", les allures, l'énergie, la puissance et la résistance. S'il existe déjà des produits, ils devront éventuellement être examinés.

Le chois d'une saillie est presque toujours le résultat d'un compromis, et même après avoir effectué un choix minutieux, il reste une part de risque pour 'éleveur. Le fait qu'il n'existe qu'un nombre restreint de sujets chez les races d'ambleurs augmentent la difficulté. La présence de fondateurs de races ou de champions, dont on retrouve les traces dans presque toutes les lignées et dans les pedigrees, peuvent conduire à une descendance trop empreinte de consanguinité.

Pour l'éleveur, c'est une gageure d'obtenir les meilleures aptitudes au "tölt" tout en exigeant une base solide, mais élastique, pour un élevage pur. Une nourriture adéquate et équilibrée, ainsi que suffisamment de mouvement en groupe, sont importants pour l'élevage des jeunes chevaux. 

LES CROISEMENTS DE RACES

Le croisement de Pasos

Depuis toujours, dans les principaux pays d'élevage, on cherche à croiser les différentes races de Pasos, qui ont en fait toutes la même origine, pour obtenir de meilleurs produits et améliorer l'amble. Dans un passé relativement récent, le plus grand programme de croisement a été développé par les Américains: à la fin des années '60, ils ont commencé à croiser les différentes races de Pasos pour créer l'American Paso Fino, qui correspond au goût américain.

En 1970, Zita Widmann faisait un compte-rendu sur les différents croisements de Pasos Finos avec d'autres races. Les renseignements lui avaient été fournis par Rosalie Mc Williams, responsable du "Studbook" de l'Association de chevaux Pasos Finos américains ("American Paso Fino Horse Association"):

Le croisement d'un Paso Fino et d'un Tennessee Walker donne un cheval de selle agréable, plus grand que le Paso Fino, mais plus rustique. Il n'a ni le "Running Walk" du Tennessee Walker, ni l'allure du Paso Fino, mais un "rack" un peu traînant.

            Le croisement d'un Paso Fino et d'un Quarter Horse donne un excellent modèle, plus fin que le Quarter Horse, mais qui n'a plus l'allure du Paso Fino.

            Le croisement d'un Paso Fino et d'un Pur-Sang donne un grand cheval, moins fin que ses parents, mais qui n'a plus l'allure du Paso Fino.

Le croisement d'un Paso Fino et d'un Arabe donne un très joli cheval, avec la queue plantée haute, mais qui n'a plus l'allure du Paso Fino.

"Ces essais d'élevage ont montré que l'aptitude à l'amble diminue qualitativement lorsqu'on procède à l'élevage hors de la race des Pasos. En Floride, on projète de faire avec beaucoup de soins, un croisement entre le Paso de Porto-Rico et le Paso Péruvien, car dans ces deux pays, on a toujours attaché une grande importance au confort de l'allure, mais en négligeant parfois la conformation. Le croisement entre ces deux races nobles, qui sont de plus en plus étroitement apparentées, est attendu avec impatience." Voilà pour la citation de Zita Widmann

Bud Brown, homme de cheval et éleveur expérimenté, qui a vendu les premiers Pasos arrivée en Europe et qui est membre fondateur de la plupart des associations de Pasos aux Etats-Unis, voit toujours, sur la base de son expérience, le côté pratique de l'élevage et de l'utilisation du cheval.

En tant que pionnier, il fût impliqué, en plus de l'élevage de Pasos Péruviens purs, dans les croisements susmentionnés. A cette fin, il utilisa deux étalons péruviens: "Pizzaro del Valle", un cheval d'âge, et "Dulce Sueño", bien connu en Europe. Pour la jumenterie, il choisit différentes juments Pasos Finos colombiennes, dont la plupart étaient de la lignée de "Que Tal".

Il obtenait de très bons résultats, c'est-à-dire des chevaux compacts, courts jointés, avec des membres solides et des têtes émaciées: des chevaux de loisir, dans le meilleur sens du terme. De plus, les juments colombiennes produisirent des sujets particulièrement robustes et aptes à la selle. Les chevaux avaient toujours quatre allures: le pas, le "tölt", le trot et le galop.

Les mâles ne furent jamais utilisés pour la reproduction, en revanche les juments furent croisées avec des étalons péruviens, et parfois avec des étalons colombiens. Il en résulta de bons chevaux de travail.  

D'autres croisements d'ambleurs

Examiner tous les croisements existant entre les races d'ambleurs dépasserait le cadre de cette présentation. Il y a eu beaucoup d'expérimentations, qui furent parfois fructueuses, mais il s'agit la plupart du temps de sujets isolés, qui furent que rarement utilisés pour l'élevage.

Dans la première partie de cet article, nous avons vu que de tous temps, ces expérimentations ont été entreprises pour la production de chevaux ambleurs. La consolidation à grande échelle et la formation de ces races d'ambleurs d'origines diverses, d'abord importées d'Europe, n'a été obenue qu'outre-mer. En Europe, la seule exception est celle des chevaux islandais, qui sont déjà établis en tant que race d'ambleurs pure depuis des siècles. Ceci est d'une part dû à la situation géographique de l'île, et des problèmes de transport qui en découlent, et d'autre part à une interdiction d'importation de chevaux. Ce sont en fait les Islandais qui ont réimporté sur le continent l'amble qui avait disparu.  

EXISTE-T-IL UN AMBLEUR IDÉAL?

Parmi la diversité des races d'ambleurs existant, se pose la question de savoir laquelle est la race d'ambleurs idéale. Quelle est la race qui a l'allure idéale?

Je pense qu'il est difficile de répondre à cette question. l'idée que l'on se fait de l'ambleur ou du cheval d'allure dépend du goût personnel de chaque cavalier. Toutes les races ont leurs avantages, mais aussi leurs inconvénients.

Une bonne part de la représentation de l'ambleur idéal repose sur l'éducation soigneuse que le cheval a reçue, associée à celle du cavalier de loisir. On doit sentir en selle le "tölt" vibrant et rythmé, et cette expérience en dit plus que mille mots. On constate toujours que les spectateurs novices, qui voient pour la première fois des ambleurs bien présentés, sont fascinés par la cadence de l'allure, l'impulsion vivante et la légèreté contrôlée de l'action de ces chevaux.

De beaux harnachements renforcent encore cette impression générale et contribuent à faire connaître et apprécier la culture séculaire des "Tieldones".

Les chevaux ambleurs, quel que soit leur race, seront toujours des chevaux particuliers, qui attireront les personnes qui ont le goût du rythme, du brio et de l'esthétique.

Traduit de l'allemand par Jacqueline Burgisser et Marie-Christine Diel, Genève, oct. 1993.  


L'ÉLEVAGE DES CHEVAUX AMBLEURS - FONDEMENT HISTORIQUES

LES "TIELDONES"

LES CHEVAUX DE VOYAGE DU MOYEN-ÂGE TRÈS RECHERCHÉS

Alois C. Tschümperlin

(Article paru au mois de mars 1993 dans "Pegasus Pferde Magazin", traduction de Jacqueline Burgisser et Marie-Christine Diel.

Jusqu'il y a environ 40 ans, c'est-à-dire, jusqu'à la période qui marqua la renaissance des chevaux ableurs en Europe de l'Ouest, l'élevage des ambleurs ne constituait pas un sujet d'intérêt pour les amateurs de chevaux de nos contrées. On avait pourtant entendu parler, lors de leçons d'Histoire, des ambleurs blancs comme neige que chevauchaient les princesses et les dignitaires ecclésiastiques qui se randaient respectivement à des mariages ou à des concils. Lorsque je demandai à mon enseignant d'alors ce qu'étaient les ambleurs, il me répondit: "généralement blancs, particulièrement obéissants et ils ont disparu depuis longtemps!" L'affaire était ainsi classée et on ne s'en occupait plus.

Si l'on veut savoir ce qu'était l'élevage des chevaux ambleurs, il faut d'abord se tourner vers le passé, remonter à l'époque où les ambleurs appartenaient au quotidien.

COUP D'OEIL VERS LE PASSÉ

Au Moyen-âge, une personne qui devait ou voulait voyager, n'avait que deux possibilités: voyager à pierd, ou à cheval. Les voyageurs fortunés montaient les ambleurs indigènes (haquénés) qui étaient alors élevés un peu partout sur le continent, selon des conceptions d'élevage très individuelles.

En France de l'époque par exemple, il y avait autant de types de "bidets d'allures" (petits chevaux qui avaient différentes allures), qu'il y avait de féodaux; chacun constituait son propre élevage avec ce qu'il trouvait comme ambleurs, (à savoir le plus souvent des chevaux bretons, des palfrois normands ou des haquénés), ou ce qu'il pouvait se procurer, par exemple, des poneys ambleurs originaires des deux côtés des Pyrénées. Chevaux de voyages, les ambleurs étaient un bien convoité par tous. Après l'an 1000 ap. J.-C., soit environ 300 ans après la première invasion maure sur la Péninsule ibérique, commença l'avènement des l'ambleurs ibériques, le tieldones. Thieldon était le nom que les romains donnaient aux nobles ambleurs ibériques (mot venant de Thieldo, thiall, Zelte, telt, tölt). Des poneys ambleurs du Nord de la Péninsule ibérique (Asturcones, Galicenos, Garanos, Sorraias), et les élégants Jacas, (croisement de chevaux ambleurs berbères et de chevaux du Sud de la Péninsule ibérique), formaient la base de l'élevage des tieldones, tels que nous les voyons sur les tapisseries de cathédrales de Bayeux, d'Angers, etc., et tels qu'ils sont représentés par des peintres de la Renaissance.

Ce que l'on recherchait avant tout, c'était des chevaux agréables à monter et qui savaient faire face à leur devoir, surmontant les longues distances et les chemins difficiles. En ce temps-là, des nobles anglais et irlandais payaient des sommes énormes pour l'achat de tieldones espagnols. Les chevaux trotteurs étaient utilisés pour le travail, mais ne convenaient guère pour le voyage, parcequ'on ne trottait qu'assis à l'époque.

Il y a 500 ans, lorsque Christophe Colomb partit pour son deuxième voyage, il n'avait pas, d'après ce qu'on peut lire, embarqué les ambleurs les plus nobles (20 étalons et 5 juments), mais il avait les plus robustes et les plus ressistants qu'il avait pu acheter avec les peu de moyens mis à sa disposition. Les successeurs de Christophe Colomb, emmenèrent d'autres ambleurs, qui sont à l'origine des nombreuses races de chevaux d'allures que nous connaissons aujourd'hui en Amérique du Nord et en Amérique Latine.

Ce sont les tieldones ibériques qui ont transportés les colons à travers les immenses espaces du continent nouvellement découvert. Loin des exigeances de l'équitation de la Cour et de ses aberrations, les colons élevèrent les chevaux dont ils avaient besoin pour le travail et la guerre; ils développèrent ainsi leur propre culture équestre, leurs propres races d'ambleurs, ils créèrent leur propre harnachement et leur propre méthode de dressage. A tout cela s'ajouta le sens méditerranéen du style, de l'élégance et du prestige.

Pendant ce temps, quel était le développement des ambleurs en Europe? Jusqu'au 18ème siècle, les ambleurs jouirent d'un grand prestige, mais ils disparurent ensuite progressivement des écuries. Quelles pouvaient être les raisons de cette mise à l'écart de la civilisation, après les longs siècles où ils furent appréciés? Pourquoi perdirent-ils leur raison d'être en Europe continentale, alors qu'ils continuaient de se développer outre-mer pour le travail et le voyage? Nous trouvons indirectement la réponse dans un article de l'hippologue bien connu Michel Henriquet, intitulé "à la recherche de l'école de Versailles", école fondée en 1614 par Louis XIII, et qui exista jusqu'à la Révolution française. Michel Henriquet fournit des statistiques sur les dépenses qui étaient faites dans les cours, et en particulier à la Cour de France, pour qui l'équitation, et en particulier l'équitation d'école, est devenu le sport préféré de la noblesse. Parmi les milliers de personnes qui travaillaient dans les écuriers royales et dans les manèges, et qui s'occupaient de quelque 4'500 chevaux, dont la quasi totalité était d'origine ibérique, il y avait toujours qu'un seul écuyer "ambleur" et ses palfreniers. Ceci montre clairement que l'équitation de haute école pratiquée par les nobles et les officiers mettait à l'écart les ambleurs, à cause des limites de leurs allures. La littérature équestre allemande parle aussi de cette époque à laquelle l'amble d'école était utilisé pour préparer les chevaux qui seraient montés par des dames appartenant à la noblesse, lorsqu'elles accompagneraient des gentilshommes à la chasse. Mais les nobles cavaliers ne s'intéressaient qu très peu aux ambleurs.

Pendant ce temps, des routes avaient été construites, et les premières diligences apparurent; les voyageurs n'étaient plus absolument dépendants du cheval de selle, et la demande en chevaux de voyage diminua. A cela s'ajoutèrent les exigences militaires et les exercices qui s'y rapportaient, ainsi que l'équitation en formation. De plus, les ambleurs coûtaient trop chers pour la cavalerie. L'équitation changea, on commença à trotter "enlevé", et il devint concevable de monter un "bone shaker", c'est-à-dire un "tape-cul".

Au XIXème siècle, l'ambleur disparut presque totalement de l'Europe de l'Ouest; on disait de ses allures, qu'elles étaient impures et boiteuses. Il n'y avait plus de demande pour les tieldones qui avaient été autrefois tellement prisés.

Il est intéressant de constater que parmi les trotteurs qui étaient utilisés pour l'équitation à la Cour, les plus appréciés étaient encore des chevaux ibériques, à cause de leur talent naturel pour les exercices de haute école.

Malgré la disgrâce qui avait frappé les ambleurs en Europe de l'Ouest, et qui fis qu'ils tombèrent dans l'oubli, ils continuèrent néanmoins de vivre en Islande, en Amérique du Nord et du Sud, en Chine, en Mongolie, aux Indes et en Russie, etc.

Des hippologues sientifiques ont constaté qu'aujourd'hui encore, 68% des équidés qui existent sur notre planète ont des allures latérales, c'est-à-dire qu'ils sont ambleurs, et qu'ils ont des aptitudes pour l'amble, c.à.d. l'amble rompu, le tölt ou thieldo..

Contrairement aux idées répandues, l'amble est l'une des allures de base des équidés, au même titre que le pas, le trot ou le galop. Ce que l'on n'observe pas suffisamment, c'est que l'amble est, et de loin, l'allure la plus variable du cheval. On peut se le représenter facilement en observant d'une part la très grande amplitude et la vitesse d'un "standard bread" devant un sulky, et d'autre part le tölt le plus rassemblé (qui se nomme "Classic Fino") du Paso Fino colombien. Entre deux, on trouve toutes les gammes de vitesse d'exécution du tölt, quelque soit son appellaltion et quellque soit la variante à quatre temps qui est montrée.

LA RENAISSANCE DES AMBLEURS EN EUROPE CONTINENTALE

Il aura fallu 200 ans pour que les premiers ambleurs, les islandais, reviennent officiellement sur notre continent, à la fin des années '50. Beaucoup d'entre nous savent ce qui s'ensuivit, et l'on peut retrouver toutes les informations relatives à cet évènement dans le livre d'Ursula Bruns "Gangpferde, die Geschichte ihrer Wiederentdeckung auf dem Kontinent" (Ambleurs, l'histoire de leur redécouverte sur le Continent).

Ce qui est sûr, c'est que ces 40 dernières années, l'intérêt porté aux ambleurs s'est fortement développé, et que le nombre d'amateurs enthousiasmés par le tölt s'accroît d'année en année. Si quelqu'un avait osé prétendre il y a quatre décennies, qu'il y aurait plus de 40'000 chevaux islandais en Allemagne de l'Ouest, personne ne l'aurait pris au sérieux. Grâce à des éleveurs privés et à une organisation d'éleveurs (IPVZ), dans le domaine de l'élevage de cette race a fait beaucoup de progrès remarcable ont été réalisés durant ces 40 années écoulées.

Les islandais d'aujourd'hui, bien élevés et bien mis, n'ont, me semble-t-il, plus grand chose de commun avec les petits chevaux qui arrivaient d'Islande il y a 40 ans, auxquels nous nous efforcions, tant bien que mal, de nous adapter, et qui nous firent sentir pour la première fois le tölt (l'amble rompu). Une sensation qui fût à l'origine de tant de découvertes à la recherche du tölt.

Le progrès dans l'élevage des chevaux islandais fût atteint par les éleveurs allemands, grâce à une sélection très sévère. Après que l'ambleur ait été reconnu à sa juste valeur sur le continent, les ilsandais eux-mêmes participèrent à cet effort de sélection.

Deux autres races apparurent en 1973 sur le continent, le Paso Péruvien, le Paso Fino colombien, et le croisement des ces deux races. Les allures latérales des Pasos Péruviens et des Pasos Finos colombiens sont fixés génétiquement. Ils se différencient par la cadence et par les méthodes de débourages.

On a depuis découvert qu'il existe des aptitudes au tölt chez les trotteurs des champs de course. Les premiers "mangalarga marchadores" brésiliens ont été importés en Allemange.

Peu après sont apparues deux anciennes races américaines: d'abord le "Tennessee Walking Horse", puis l'"American Saddlebred". Ces derniers se sont développés dans le Sud des Etats-Unis pour les besoins des propriétaires de plantations, et ceux de l'armée confédérée; ce sont des races consolidées, avec un "stud book" fermé. Entre temps les races ambleurs déunies dans IGV (Association Internationale des Chevaux d'Allures) ont été officiellement reconnus par la FN et FEI.

Depuis, nous avons entendu parler d'ambleurs russes, quelques sujets ont d'ailleurs été vus en RFA, , et récemment des amis nous ont parlé d'ambleurs cachmiris, de jolis ambleurs chinois et de trois types de chevaux ambleurs de Mongolie. Leur statut est celui des chevaux de voyage et de travail et ils tiennent la même place que leurs congénères, il y a 250 ans, en Europe.

 

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